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ariegenews
19/10/2010
Mérens : une petite commune de montagne
qui se bat contre la désertification
Berceau de naissance du fameux cheval noir des Pyrénées ariégeoises, Mérens
les Vals est réputée pour ses sources d’eau chaudes et son église romane au style
très proche de ses voisines andorranes de Pal ou San Joan de Caselles.
Cette situation en première ligne frontalière a permis de développer les échanges
commerciaux (licites ou illicites avec la contrebande), culturels (influences
artistiques) et sociaux (de nombreux mariages furent célébrés entre les habitants
de Mérens et des paroisses andorranes voisines).
Mais l’histoire du village et sa destinée ont également souffert de cette proximité
en périodes de troubles.
En effet pendant les guerres napoléoniennes, des pillards espagnols dévastèrent
les habitations et brûlèrent en partie l’église Saint Pierre.
Tant et si bien que le village se déplaça à l’époque moderne en contrebas et se
développa le long de la route : il a fallu plus de dix ans pour construire la route
reliant Mérens à Ax les Thermes, soit à peine une dizaine de kilomètres dans
un terrain particulièrement difficile et exposé aux couloirs d’avalanches.
De plus, les inondations régulières des torrents de montagne que sont l’Ariège et
le Nabre provoquèrent à plusieurs reprises d’importants dégâts: en 1902 des pluies
torrentielles ensevelirent une partie du village.
Passage obligé pour atteindre le paradis du shopping détaxé du Pas de la Case et
de l’Andorre ou encore le tunnel du Puymorens, ce petit village de haute montagne
déploie aujourd’hui beaucoup d’énergie pour ne pas perdre ses services publics et
améliorer la qualité de vie de ses habitants (ils sont une centaine en hiver et jusqu’à
350 en période estivale).
Pour Jean-Pierre Sicre, maire depuis 1989 « une commune de haute montagne c’est
un combat permanent »
Et il sait de quoi il parle.
Cette commune est constituée de 8000 hectares, pour partie de la montagne, qu’il a
fallu transformer en AFP pour une meilleure gestion des différentes zones de
pacage : « une de nos dernières réalisations c’est l’installation d’une cabane de
berger susceptible d’accueillir des randonneurs à la Coume d’Agnel, du côté
des Bésines (vallée du Mourgouilhou).
Nous avons également des projets sur le camping municipal (un trois étoiles ouvert
toute l’année) avec l’installation de 3 ou 4 chalets qui viendraient en complément à
la location d’emplacements et à l’activité des gîtes.
Par ailleurs, un éleveur de la commune va ouvrir d’ici quelques jours une ferme
auberge avec restauration, c’est une plus value car si nous arrivons encore à avoir
un bistrot de village, une épicerie et une agence postale, il est difficile de faire
venir de nouveaux habitants en zone de montagne »
Le premier magistrat avoue que la commune finance pour une large part l’épicerie
locale ouverte en été et le personnel de l’agence postale pour les maintenir ouvertes.
« Ici tout prend des proportions surdimensionnées, il suffit que la neige tombe et
que la route soit fermée à Ax les Termes pour que le temps s’arrête […]
Idem pour l’internet au-débit: nous étions une des rares zones blanche du
département à ne pas pouvoir espérer avoir un jour accès à ces nouvelles
technologies […]
Il a fallu batailler mais y sommes arrivés: aujourd’hui le village et les hameaux sont
équipés de Wi-Fi […]
La mairie a depuis réalisé son site internet et une salle de consultation est ouverte
toute la semaine pour les Mérengois qui souhaitent consulter Internet et travailler
sur ordinateur »
Les projets de Mérens les Vals sont souvent liés aux initiatives de la communauté
de communes des vallées d’Ax dont la commune fait partie ou de la cité thermale
voisine (l’office de tourisme propose une boucle de randonnée sur la commune
de Mérens).
Ainsi depuis 2003, un projet d’usine d’embouteillage d’eau a vu le jour à Mérens
car selon les résultats des forages et des captages réalisés depuis plus de sept ans,
l’eau de source des Goutills, classée eau minérale pourrait constituer une belle
opportunité pour le village et pour le développement de la vallée… reste à trouver
l’investisseur privé.
Jean-Pierre Sicre n’a pas hésité à installer sur le toit de la Mairie-Ecole 72m²
de panneaux photovoltaïques qui contribueront à réduire la facture énergétique
de sa commune.
Seule ombre au tableau de ce petit village dynamique ouvert sur l’avenir: après avoir
testé pendant trois ans le regroupement pédagogique (RPI) avec la commune de
l’Hospitalet, une menace plane sur ces écoles de montagne et l’on reparle de fermeture
de classe.
Pourtant, selon Marie-Pierre Ardouel, enseignante à Mérens les Vals, «il n’y a jamais
eu autant d’élèves que cette année»
Pour les parents d’élèves «il s’agit d’une logique comptable qui vise à déshabiller
Pierre pour habiller Paul, c'est-à-dire procéder à des fermetures en haute Ariège
et des ouvertures en basse Ariège où l’économie est plus florissante […] nous ne
nous laisserons pas faire»
L’école constitue un enjeu majeur en zone de montagne, enjeu que le maire et
ses administrés sont prêts à défendre jusqu’au bout.
photosBéa
ariegenews
le 18/10/2010
Les sources d'eau chaude de Mérens les Vals
Ce petit village de haute Ariège berceau de la race du cheval de Mérens,
« le prince noir des Pyrénées » et de l’art roman avec sa chapelle Saint Pierre,
est également réputé pour ses sources d’eau chaude naturelles.
Au XIXe siècle on en dénombrait six et le guide Joanne de 1890 vantait les qualités
exceptionnelles de ces eaux thermales «souveraines pour les rhumatismes,
l’affermissement des os déviés et ramollis, pour le rétablissement de la sonorité
des tympans détendus et paralysés, pour les scrofules, etc.»
Mais les habitants de Mérens, davantage tournés vers les activités pastorales et
le commerce du bois qui servait à l’époque à alimenter les forges à la catalane,
se sont bien peu préoccupés de valoriser ces sources naturelles dont le débit,
il faut le reconnaitre, était loin d’être comparable au débit des sources d’eau
chaude d’Ax les thermes, à quelques kilomètres.
Aujourd’hui, ces sources représentent un attrait touristique pour tous les amateurs
de nature dans la mesure où le GR10 passe à proximité.
Aucun aménagement n’a été réalisé, il s’agit de baignoires naturelles d’où une eau
sulfureuse à 40° s’écoule en cascade avant de se répandre dans la nature.
C’est en compagnie de François Soulé, agent de développement à la commune de
Mérens que nous avons visité ce site qui bien qu’appartenant à un particulier est
totalement libre d’accès et gratuit:
« Depuis cinq ans, ces sources d’eau chaude constituent un attrait important pour
les visiteurs car l’Office de Tourisme des vallées d’Ax les a inclues dans
un topo-guide de rando […]
Le site est gratuit et libre d’accès mais il faut rester vigilant quant à la gestion de
sa fréquentation »
Comme tout site naturel un nombre trop important de visiteurs peut mettre à mal
un équilibre fragile.
Mais pour l’instant c’est une plus value importante que la commune est en mesure
de gérer.
« Ces eaux sulfureuses sont dues à un accident tectonique bien connu dans
les Pyrénées, il s’agit de la faille de Mérens qui court jusqu’à la Coume de Varilhes,
jusqu’à Prat de Conflens.
Pendant plusieurs kilomètres l’eau s’infiltre sous l’écorce terrestre où elle se charge
en minéraux avant de ressortir chauffée et sulfurée», poursuit François Soulé qui
connait ce sujet pour avoir fait des études de géographie à la faculté de Toulouse
le Mirail.
Cet enfant du pays a fait le choix de s’installer dans le village de ses grands
parents et le pari d’y vivre avec sa famille.
Pari gagné puisqu’il a réussi à concilier sa passion pour la montagne en étant
accompagnateur en montagne et ses missions d’agent de développement à la mairie
où il travaille à l’amélioration du cadre de vie.
« Aujourd’hui nous cherchons à garder un équilibre, entre tradition et folklore,
nous ne voulons par devenir un conservatoire et nous refusons le tourisme
de masse […]
Mais nous essayons de travailler pour l’avenir, l’avenir de notre commune et
de ses habitants »
pour le casse-tête de Lajemy
" vivre dehors "
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