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ALBI et sa région
Publié le 06/06/2010 | Alain-Marc Delbouys
Tenu en main par Michel Fajon (à droite),
Hamster,
un cheval de mérens, bine les pommes de terre.
Photo DDM, Jean-Marie Lamboley
Non sans fierté, Antoine Da
Silva présente son « nouveau collègue ». Il a quatre
pattes et s'appelle Hamster. Comme son nom ne l'indique pas, c'est un cheval. Lieu dit
« Prestil » au Séquestre, tous deux cultivent un hectare en maraîchage. C'est un projet
doublement original, lancé en mars par le centre de formation professionnelle agricole
(CFPPA) du Tarn. Ce chantier d'insertion porte sur un jardin biologique utilisant
la traction animale. Comme Antoine, il emploie quatre personnes pour six mois, à raison
de 26 heures par semaine, avant de passer à six bénéficiaires dès juin. « L'objectif
est leur retour à l'emploi », dit Kaja Nejjar, chargée d'ingénierie qui a monté le dossier.
L'autre cheville ouvrière n'est autre que Michel Fajon, le Saint-Juérien champion de
France d'attelage à quatre 2008 et professeur de zootechnie à Fonlabour. Appartenant
à la race régionale mérens, Hamster est un de ces chevaux anciens champions de France.
En attendant l'âge de la retraite, ce hongre de 15 ans se reconvertit dans le jardinage,
à l'instar d'Antoine, à l'origine peintre en bâtiment et manœuvre. « Il faut toucher
à tout. Il n'y a pas de sot métier », professe cet
Albigeois de 37 ans.
« On y reviendra »
Dirigé par Sébastien Cosson, ce jardin solidaire distribue déjà quinze panirs de
légumes à des abonnés et prévoit de monter en puissance. Le reste de la production
est destiné à la cantine du lycée Fonlabour, dont l'exploitation agricole à Bellegarde
fournit aussi le fumier aux maraîchers. En matière de circuit court, on ne fait pas
mieux !
Michel Fajon met en avant « l'alimentation de qualité, sans aucun pesticide ni engrais
chimique ». Le cheval lui n'est pas employé par « nostalgie, mais pour son intérêt
agronomique - il ne tasse pas les sols - et pédagogique. Il ne juge pas, un aspect
important pour des gens qui socialement ont des soucis. Entre eux et l'animal s'établit
une relation privilégiée. »
Même avec Hamster, dressé à merveille, il y a aussi l'apprentissage de la sécurité,
« le BAba », point sur lequel Michel Fajon « ne
déroge pas ».
« Le cheval, c'est
apaisant. Ce n'est pas le même rythme », dit Antoine Da Silva. Il
apprécie « ce petit retour en arrière qui est aussi un retour aux sources. Que ce soit
pour la qualité de la vie et des produits, on y reviendra », prophétise le nouveau
jardinier, englobant par là tant le cheval que le bio. « Même si les feuilles sont un peu
mangées par les insectes, car ce n'est pas traité, le goût, c'est autre chose. Et regardez
nos salades, comme elles sont belles ! »
photosNET
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